S'installer comme consultant indépendant

Publié le par A6pro ! Votre Solution Administrative !

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Le chemin de la liberté est difficile et le métier de consultant ne s'improvise pas. Avant de prendre ce statut, il faut être conscient de ses capacités et… consulter.

Entre valse des action­naires, virages stratégiques et plans sociaux, la vie n'est pas un long fleuve tranquille dans les grands groupes, ni même dans les PME. Aussi le métier de consultant est-il de plus en plus souvent un choix de carrière, notamment celui de jeunes épris de liberté et peu désireux de dépenser leur énergie à louvoyer dans des structures complexes. Quelques pistes à suivre pour arriver à s'installer sur le prometteur marché du conseil.

1/ Pouvoir assumer le choc de la liberté

« L'indépendance, chez moi, c'était une vocation. Je l'ai toujours su » , reconnait Laurent Becsei. Cet ingénieur de 37 ans a surpris son monde : haut potentiel de PSA Peugeot Citroën promis à une brillante carrière, il a quitté Paris avec sa famille pour s'installer près de Montpellier comme consultant en logistique. Thomas Prom, lui, à 24 ans seulement, vient de choisir l'indépendance en devenant consultant en sites web. Ce diplômé de l'Institut national des télécommunications d'Evry désirait « contrôler sa carrière » et pouvoir « choisir ses projets » .

Leur liberté fait rêver. Mais il faut l'assumer. Il y a un prix à payer : moins d'argent - au début en tout cas -, une forme de solitude, la course permanente aux clients, de nouvelles tâches - gestion des charges sociales, de la retraite - et donc beaucoup de travail. « Mes revenus ont baissé, et je n'ai pris que huit jours de congés cet été » , constate Laurent Becsei, pourtant enchanté.
Le goût de la liberté, c'est viscéral. Et puis être indépendant signifie changer de statut social : « Ce n'est pas la même chose de dire qu'on est consultant ou directeur d'une usine de 2 000 personnes. » Mais il faut bien réfléchir avant de quitter le cocon du salariat. « La décision doit être prise avec l'accord du conjoint » , prévient Joël Guillon, consultant et formateur... de consultants. Laurent Becsei confirme : « Séverine, ma femme, m'a d'autant mieux compris ­qu'elle-même s'est mise à son compte en créant une agence de traduction sur Internet. »

2/ Avoir la spécialité qui « démarque »

La troupe des consultants compterait quelque 200 000 personnes, un effectif en augmentation constante, selon Michel Paysant, à l'origine du site Freelance-europe.com. Pour s'en démarquer donc, mieux vaut se centrer sur une expertise pointue : « Le coaching, la conduite du changement, le conseil en stratégie, c'est bien trop vague. Il faut avoir des services précis à vendre » , conseille Joël Guillon. Et de citer l'exemple de Benoît Sarazin, qui a choisi le créneau des « marchés en rupture » (par exemple celui de la photo qui passe de l'argentique au numérique). Installé avenue de l'Opéra, à Paris, Christian Daniel, 35 ans, ingénieur en plasturgie, ancien de Valeo, se targue d'avoir trouvé un créneau ultra-pointu : l'organisation industrielle à la japonaise telle qu'imaginée par Masaaki Imai, fondateur du Kaizen Institute, avec lequel il a travaillé. Il la propose aux entreprises de câblage et de plasturgie.


3/ S'assurer des débuts financés

Assedic, bas de laine ou temps partiel sont indispensables pour se lancer. Car il va falloir travailler de longs mois sans revenus. Le temps d'analyser son créneau, de mettre à jour son carnet d'adresses, de prospecter, de régler les questions techniques. Où s'installer ? Quelles nouvelles technologies choisir ? Il faudra se débrouiller sans l'ange gardien du salarié, l'administrateur du réseau informatique.

C'est aussi le moment de choisir un statut. Profession libérale ? EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) ? SARL ? Mieux vaut anticiper les mauvaises surprises fiscales. Des consultations poussées auprès d'un expert-comptable ou d'un avocat fiscaliste s'imposent.
Pour le démarrage de son activité, le « portage salarial » est recom­mandé : il permet au consultant de percevoir un salaire de la société dite « de portage » qui encaissera ses honoraires et facturera ses clients. « Nous organisons aussi l'accompagnement, la formation du “port锻 , précise Liliane Henon, directrice d'Alter & Co, société de portage salarial.

4/ Posséder un talent de commercial

« Les compétences ne suffisent pas. Il faut savoir les vendre » , insiste Joël Guillon, auteur de Vendre ses prestations . Un bon carnet d'adresses ne dispense pas de la démarche commerciale. Bien des indépendants l'oublient pourtant dans leur business plan. « On ne peut guère facturer plus de cent jours de prestations par an » , estime Guillon. Le reste est dévolu à la gestion, et - c'est essentiel - au commercial. « Il faut voir du monde, beaucoup de monde, pendant des mois » , reconnaissent tous les consultants récemment installés. Démarrer - sans s'y éterniser - dans la sous-traitance peut être une aide précieuse. « J'ai com­mencé en travaillant pour le Kaizen Institute avant de développer ma propre clientèle » , indique Christian Daniel.


5/ Se créer un réseau dans le milieu

A inscrire en lettres d'or au-dessus de son bureau : « L'indépendant ne doit pas rester seul. » Il est important d'échanger avec d'autres consultants. Le portage salarial permet d'éviter l'isolement. Il existe, par ailleurs, de nombreuses associations, généralistes, comme Freelance en Europe ; ou spécialisées, comme le Syndicat des indépendants formateurs et consultants. Vive les partages d'expériences !

« Les premiers mois, je me suis senti très seul face à ­l'administration » , reconnaît Christian Daniel, qui, aujour­d'hui, joue à fond les réseaux. De son côté, Thomas Prom ­cumule une activité in­dé­pendante et des prestations collectives avec trois autres jeunes dans le collectif 18 degrés nord. « Ils ont des compétences que je n'ai pas. Avec eux, je touche d'autres ­cibles . »
Et puis le bouche-à-oreille fonctionne à fond chez les indépendants, qui se repassent des contrats. « C'est un autre consultant déjà bien implanté dans la région de Montpellier qui m'a mis le pied à l'étrier » , raconte Laurent Becsei. Il a ­décollé grâce à une prestation pour laquelle un collègue, n'ayant pas le temps de l'assurer lui-même, avait donné son nom.

Jacqueline de Linares Challenges -

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Jean JUNGES 22/12/2013 12:30

Bonjour Isabelle,

Bravo pour ton site.

J'ai moi-même un site dédié aux consultants en SSII et je propose une offre pour "Devenir Consultant Indépendant" en s'appuyant sur mes compétences, mon réseau et mon savoir faire en termes de
création d'entreprise.

Bref, cela peut aider les consultants qui veulent se lancer !

www.ss2ideal.fr

A très vite j'espère

Jean JUNGES