Ma boite peut-elle tourner sans moi cet été ?

Publié le par A6pro ! Votre Solution Administrative !

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Prendre des vacances lorsqu’on dirige une entreprise peut être une source d’angoisse. Comment partir l’esprit libre ?


 

« Quand je pars, je me sens toujours coupable, confie Théa Maat, directrice générale d’Acta Assistance, une entreprise de 420 permanents implantée dans la banlieue lyonnaise. J’ai l’impression d’être une voleuse. Je me trouve des excuses pour ne pas prendre des vacances, j’estime que ce n’est jamais le bon moment. Même si j’ai tout bien organisé avant mon départ, j’angoisse de laisser mes équipes seules. C’est plus fort que moi... »

Partir c’est abandonner

Les remords de cette dirigeante sont-ils une exception ? Pour Bettina Soulez, fondatrice de Beaucoup de vous et coach de managers et de leaders depuis de longues années, ce cas est loin d’être isolé. « Un patron de PME peut avoir du mal à quitter son entreprise d'autant plus s’il l'a créée. Il a parfois l’impression que cette société est sa raison d’être, que partir c’est l’abandonner, que les risques sont trop importants pour la laisser seule quelques temps. »
 
Prendre de la hauteur
 
Pourtant, rien de plus essentiel et bénéfique pour un dirigeant que de changer d’air pour… mieux se recentrer sur sa boite. « Il est nécessaire de voir loin pour savoir où l'on mène son entreprise, affirme Bettina Soulez. Regarder l’horizon, la mer, des montagnes, une vallée ou même un champ permet de prendre de la hauteur, de se ressourcer, d’affûter son esprit de synthèse trop mis à mal par le court terme, les tâches quotidiennes ou les sollicitations permanentes des uns et des autres. » Sans oublier qu’un patron qui ne prend pas de vacances sème le doute parmi ses salariés. Fait-il de l’excès de zèle ? Manque-t-il de confiance dans ses équipes ? Est-il mal organisé ?  « Et tout reste affaire de dosage : dans un moment de surchauffe ou de tempête annoncée, le patron sera bien perçu s'il réduit ou décale son absence ».

Rester connecté malgré tout
 
Prendre de la distance et du recul, c’est bien mais encore faut-il y parvenir. Les nouvelles technologies se transforment alors en fausse excuse. « Je ne suis pas capable de me déconnecter de mon entreprise, je consulte régulièrement mes mails, je reste joignable quoi qu’il arrive » avoue Théa Maat qui opte pour des vacances courtes « mi-culturelle mi-nature » et hors période scolaire, car son entreprise d’assistance automobile tourne à plein régime l’été et double quasiment son effectif à cette période-là. « Parfois le "bébé" a pris tellement de place que vivre sans lui relève de l'apprentissage » commente Bettina Soulez. Pas simple de couper le cordon. Alors quelles solutions pour les irréductibles ?
 
Fermeture et doublure
 
Pourquoi ne pas fermer la société une semaine voire plus, en été au mois d’août ? « L’entreprise ne fonctionnant pas, le patron est plus rassuré, il peut partir en vacances en toute tranquillité » estime Bettina Soulez. Autre solution si la précédente s’avère impossible : s’appuyer sur un remplaçant. « Responsabiliser plusieurs mois à l’avance un alter ego qui prendra le relais en interne et sera l’interlocuteur des clients à l’extérieur peut être une bonne idée ».
Chacun pouvant même aller jusqu’à prendre ses congés en alternance. Restent les limites de ce binôme : la confiance du chef dans son double et "la confiance en soi" du double laissé aux commandes...


Par Corinne Dillenseger dans  logo.jpg

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